3 avr. 2016

Retour sur la semaine anti-adblocking

Je souhaiterais revenir sur l'opération anti-adblockers qui s'est déroulée il y a quelques jours. Coordonnée par l'association Le Geste, cette opération a été reprise par la grande majorité des sites d'informations français.


Pour rappel, les sites concernés ont demandé pendant une semaine aux internautes possédant un adblocker de le désactiver afin de pouvoir accéder à leur contenu. Cette semaine anti-adblocker avait donc pour but de sensibiliser le public sur l'impact du blocage de la publicité sur leurs revenus. L'argument des éditeurs étant que c'est grâce à cette publicité qu'ils peuvent garantir aux internautes un contenu fiable et de qualité, ainsi qu'un site performant.

Mais pourquoi une telle opération? Depuis quelques temps, les adblockers sont en pleine croissance. Cela vient surtout du fait que les internautes ont développé une aversion de la publicité en ligne, abusive sur certains sites. Avec un adblocker, leur navigation est donc plus agréable. Si les internautes sont plus sereins, les éditeurs eux y voient un réel problème.

Le Journal du Net a bien recensé les différentes stratégies des éditeurs lors de cette semaine anti-adblocking (lire l'article ici):
  • le pop-up pédagogique
  • le mot du directeur de la rédaction
  • le message au ton humoristique
  • l'invitation à un abonnement premium
  • le contenu flouté
J'ai moi-même été confrontée à ces actions anti-adblocking. Dans un premier temps, et pour ceux qui me le permettaient, je me contentais seulement de contourner le message. Mais après plusieurs visites sur le même site avec ce message (pop-up la plupart du temps), je me suis décidée à le passer en liste blanche. 

Je me suis dit qu'après tout, se ne sont pas les sites d'informations que je consulte tous les jours qui polluent ma navigation avec des publicités, mais plutôt des sites que je connais moins et dont je ne suis pas certaine du niveau de fiabilité. Cela ne m'a donc pas dérangé de désactiver les blocages sur des sites comme Le Monde ou sur un ton plus léger, Golden Moustache.

Mais plus d'une semaine après cette opération, je me pose cette question: l'appel anti-adblocking était-il vraiment sincère, ou bien était-ce une grosse stratégie de la part des éditeurs pour augmenter leurs revenus? 

Je comprends très bien les enjeux de la publicité en ligne pour les éditeurs, mais ce qui me gène surtout c'est la façon donc certains ont présenté ce boycott. Le site de L'équipe par exemple offrait aux internautes un abonnement premium d'un mois. L'incitation à payer pour du contenu premium, même en promotion, afin de lutter contre l'adblocking ne me semble pas légitime. Pour moi c'est seulement un moyen plus fructueux de gagner de l'argent, puisqu'on imagine bien que la version premium rapporte beaucoup plus qu'une impression sur une page.


La stratégie de l'Equipe.fr

Je pense donc que cette opération a été intéressante pour les éditeurs car de nombreuses personnes ont décidé de mettre ces sites sur liste blanche. Cependant, il faut aussi prendre du recul par rapport à cela. Il ne faut pas s'imaginer que la publicité en ligne est la seule source de revenus des éditeurs, et donc que grâce à la désactivation de l'adblock le contenu serait nécessairement de qualité. Gardons à l'esprit qu'il existe malheureusement de nombreux autres facteurs qui interviennent, comme les contenus sponsorisés de façon dissimulée.

25 mars 2016

Snapchat, un nouveau canal de communication pour cibler les jeunes

Snapchat est LE réseau social à la mode ces derniers temps. Initialement conçu pour le sexting et le tchat éphémère, sa popularité croissante lui permet de prendre un nouveau tournant. En effet,  l'application est devenue une plateforme prise d'assaut par les influenceurs, les marques, et même les institutions. A l'origine de tout cela, deux fonctionnalités: Live Stories et Discover.


Avec Discover, Snapchat souhaite attirer les médias et devenir une plateforme d'information ciblant essentiellement les plus jeunes. CNN, Mashable, The Daily Mail, ou encore National Geographic sont déjà partenaires du réseau. Si les médias américains sont très intéressés par ce nouveau moyen de diffuser du contenu - un nouveau partenariat avec MTV et Comedy Central serait en cours- les médias français sont eux encore frileux sur la question.

La fonctionnalité Live Stories est aussi très prisée. Avec cette opportunité de créer de courts reportages au niveau local, les médias voient à nouveau une nouvelle manière de toucher une cible toujours plus jeune. La tuerie de San Bernadino en décembre 2015 a par exemple été largement couverte par Snapchat grâce au fil local "Los Angeles". Les témoins ont pu partager leurs vidéos et images directement via le réseau social et le contenu a largement été repris par les médias traditionnels. Si les médias français n'ont pas encore tenté le partage d'information via ces Live Stories, certains comme Libération étudieraient la question. Snapchat semble donc en passe de devenir une nouvelle plateforme communautaire d'information instantanée.

Ce potentiel grandissant attire également de nombreux autres acteurs, comme les institutions. En France par exemple, des villes comme Paris et Toulouse ont bien compris l'influence de ce réseau sur les 15-25 ans. Les Live Stories permettent donc à ces villes d'interagir avec leurs habitants de façon plus privilégiée. 

Les organisateurs d’événements ont eux aussi bien compris l'importance de leur présence sur Snapchat. Des événements comme les Fashion Weeks, les grands tournois sportifs, ou les festivals sont désormais systématiquement couverts par les Live Stories de Snapchat.

Et il ne faut également pas oublier les marques. Snapchat représente un véritable potentiel pour celles-ci car elles peuvent communiquer de manière plus privilégiée et intime avec leurs clients. Le réseau social permet en effet aux marques de jouer sur le storytelling. Des campagnes de communication spécifiques à Snapchat sont maintenant développées par les marques afin d'atteindre une cible toujours plus jeune.

Snapchat semble donc être la plateforme communautaire incontournable aujourd'hui. Je trouve que c'est un moyen très intéressant de partager de l'information au niveau mondial mais aussi local. Chacun peut contribuer de manière instantanée à ce partage. Cela permet aussi de couvrir certains événements, je pense notamment aux Oscars, de façon plus "intime". En effet lors de la dernière cérémonie des Oscars, on pouvait assister en direct aux réactions des spectateurs dans la salle. Le contenu apparaît comme moins filtré par les médias, comme un effet "behind the scenes". Je pense que c'est justement ce que cherche la génération des 15-34 ans aujourd'hui. 

Enfin, je trouve que c'est également un très bon moyen pour les marques d'augmenter la communication avec leur audience. Je trouve que cette interaction privilégiée avec une marque va permettre d'obtenir un taux d'engagement plus élevé et de fidéliser ses clients, notamment les jeunes. Il y a donc selon moi une réelle opportunité pour les marques, quel que soit leur secteur.

14 mars 2016

Authentification par empreinte digitale et piratage

La semaine dernière, je suis tombée sur un article de PresseCitron (à lire ici) concernant le piratage de capteurs d'empreintes digitales sur smartphones. Des chercheurs de l'université du Michigan ont réussi à pirater ces capteurs à l'aide d'une simple imprimante! Cette étude a été réalisée afin de sensibiliser le public sur les dangers potentiels de l'authentification par empreinte digitale. 

Je trouve cette étude très intéressante car je pense qu'il est important de montrer au public, mais également aux différentes marques de smartphones que cette nouvelle technologie n'est absolument pas infaillible. Ces capteurs d'empreintes sont aujourd'hui très populaires et de nombreuses fonctionnalités se sont développées autour d'eux ces dernières années.

Image: biotime-technology.com
Bien que je trouve cette technologie utile pour déverrouiller mon smartphone, je suis tout de même réticente à l'intégrer dans une autre fonctionnalité. De nombreux développeurs d'applications prônent l'utilisation de l'empreinte digitale afin de valider une action de manière ultra rapide. On s'imagine tous désormais finaliser un achat sur internet simplement en posant notre doigt sur le capteur d'empreinte digitale de notre smartphone. 

Même si je pense que l'avenir de nos modes de paiement réside dans ces capteurs biométriques, nous avons encore du chemin à parcourir. Si nous souhaitons réaliser des actions qui requièrent un niveau de sécurité élevé simplement du bout des doigts, nous devons nous assurer que nous utilisons une technologie adaptée. 

Les capteurs de smartphones tels qu'ils sont aujourd'hui sont à mon avis encore trop peu efficaces pour être reliés à notre carte de crédit par exemple. Déverrouiller notre téléphone grâce à notre empreinte digitale est une chose, payer avec en est une autre. L'étude de l'université du Michigan démontre bien que le piratage de ce genre de technologie est facile. 

J'ajouterai même que le piratage sur mobile est encore trop peu connu du grand public, ou du moins ignoré. Par exemple l'accès aux réseaux wifi publics dans les cafés est une source importante de piratage de données, mais cela n'empêche pas que des millions de personnes chaque jour s'y connectent et y effectuent des actions à caractère confidentiel. Je commence moi-même seulement à prendre conscience de l'étendue des possibilités dont disposent des personnes compétentes et mal intentionnées.

Cette technologie biométrique, tout comme le paiement mobile sans contact feront partie de notre futur. Mais je ne suis pas prête aujourd'hui à les intégrer dans mon quotidien car je dispose de trop peu d'informations concernant leur fiabilité.